Soirée-débat "Parcours de femmes"


Monique Rabin, première femme élue députée de sa circonscription en Loire Atlantique, organise ce lundi une soirée-débat intitulée « Parcours de femmes ». Kezako a fait sa connaissance à l’Assemblé nationale, à Paris. Elle nous parle de cette soirée, qui fait suite à plusieurs rencontres menées auprès de jeunes au Centre de formation d’apprentis (CFA) et de collégiens en classe de 3e et de 4e.

Pour en savoir plus sur le parcours de Monique Rabin, ne manquez pas l’interview qui lui sera consacrée dans un prochain numéro de Kezako mundi !

Comment se sont déroulées vos rencontres avec les jeunes ?

Au CFA du bâtiment, nous avions des apprentis peintres, ils disaient : « Madame, ça change, ça change ! ». Mais lorsqu’on leur disait « Quand un petit garçon joue avec une poupée, qu’en pensez-vous ? ». Il n’y en a qu’un qui trouvait cela normal. On sent que cela change quand même.

Nous sommes allés dans deux collèges, nous avons vu des 4e et des 3e. Ce que j’ai retenu, c’est un très gros travail sur les stéréotypes.

« Est-ce que ce métier peut être assuré par un homme ? »

« Gendarme, c’est pour les hommes ! »

« Ah bon, tu ne connais pas de femme gendarme ? »

Ils répondent qu’ils pensent que c’est un métier d’homme parce que c’est violent. Il y a beaucoup de travail à faire par rapport à cela.

J’ai appris d’eux, et je pense qu’ils ont appris de moi. Je disais bien aux jeunes que c’était aussi ce qu’ils me disaient qui me faisait grandir.

Avec les 3e, nous avons davantage travaillé sur ma place d’élue femme. J’ai trouvé que les 3e étaient très avancés. Nous nous rendons compte qu’il y a encore beaucoup de stéréotypes, mais les enseignants font un travail remarquable sur les discriminations.

Avec les 4e, nous étions dans un collège qui n’a pas encore de nom, et j’ai participé au concours pour lui donner un nom. Ma proposition est retenue : j’ai proposé Julie-Victoire Daubié, la première femme bachelière.

Le secteur sur lequel je suis, c’est une motivation très forte pour moi parce qu’il n’y avait aucun lycée public d’enseignement général jusqu’à la fin des années 1980. Toutes les filles allaient en maison familiale rurale, ou alors elles allaient à Nantes, mais dans ce cas elles étaient très mal considérées. Elles ont les meilleurs résultats au bac, mais ensuite elles s’essoufflent et vont dans des BTS, dans quelque chose d’utile et n’essaient pas d’aller dans l’enseignement général. J’ai un devoir particulier par rapport à cela.

À travers ce que nous avons fait dans les collèges ou au CFA, j’ai senti que, finalement, le sujet de l’égalité femmes/hommes était presque mieux abordé par les jeunes que par beaucoup d’adultes. Ils ont été très bien préparés par leurs profs. Et ils sont donc dans cette logique de s’interroger sur leurs rapports dans la société. Je pense que cela peut tout à fait faire écho à votre magazine.

Pouvez-vous nous expliquer l’objet de la soirée-débat que vous organisez le 23 mai ?

Cette soirée est un zoom sur la place des femmes, sur leurs droits. Mais depuis le début du mandat, je me suis beaucoup engagée contre les discriminations en général. J’ai aussi été maire et je voulais que nous soyons commune d’accueil de toutes les différences.

C’est une journée en lien avec la citoyenneté : une place reconnue aux personnes les plus faibles, les plus éloignées des lieux de pouvoir. Nous avons commencé par les jeunes. Je suis très contente d’avoir commencé par les collégiens, parce que c’est par l’éducation que cela va pouvoir changer. Pour le moment, nous sommes dans l’obligation, la parité… Mais il faut que cela devienne une seconde nature.

L’aboutissement, c’est de dire qu’entrer dans sa peau de femme et affirmer ses droits, moi j’ai encore à progresser là-dessus, c’est tout un parcours. Le 23 mai, nous avons vraiment envie de faire parler une femme qui a pris des responsabilités dans l’association des gens du voyage. Mais quelles que soient les femmes présentes, elles ont toutes à prendre leur place. Et toute la difficulté est dans le discours, pour ne pas que les hommes se sentent exclus. Parce que sinon on va se brûler les ailes.

J’ai également invité plein de femmes de ma circonscription, je suis curieuse de voir si elles vont se déplacer. Si elles ne se déplacent pas, ce sera un indice. Il n’y a que 4 femmes maires sur 40. Et aucune n’est présidente de communauté de commune. Il reste encore du chemin à parcourir. Et puis nous terminerons par un petit pot, avec des femmes migrantes, une Arménienne, une femme du Maghreb, une Libanaise, qui ont pris leur vie en main en France, pour assurer un avenir à leurs enfants.

Nous essayons de faire une soirée complète !

Pour en savoir plus...

Lieu et heure de la soirée-débat : à 19h à l’Espace culturel « Le Grand Lieu », Place Saint-Martin,

44118 La Chevrolière

Contact : 02 28 07 80 71

© Monique Rabin

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