Le vœu d’un éditeur pour Noël. Et si on protégeait la liberté de penser ?


Le saviez-vous ?


La France est le pays qui compte le plus de librairies par habitant au monde. Pays des lumières, la France peut se féliciter d’offrir un accès privilégié à la culture grâce à une production éditoriale riche, variée et de qualité que l’on retrouve aux quatre coins de l’hexagone.



Et pourtant…


Derrière ce qui constitue la force de la culture française, l’antichambre du secteur de l’édition dévoile une réalité bien plus fragile, celle d’un monde qui vacille. Il n’y a pas un jour sans que chacun des acteurs de l’édition ne soit touché par la précarité. Qu’il s’agisse des librairies contraintes de fermer, des auteurs, traducteurs, correcteurs, illustrateurs, de plus en plus nombreux à vivre dans la précarité, des diffuseurs, distributeurs ou encore des éditeurs... tous sont confrontés à une baisse générale des ventes. Ces acteurs qui œuvrent pour nous donner accès à l’imaginaire, nous donner de la matière pour réfléchir aux grandes questions de société, nous ouvrir sur le monde se trouvent ainsi mis à mal et parfois à bout de souffle, acculés par des contraintes budgétaires toujours plus envahissantes.



Vers une perte de la diversité culturelle


La diversité de la culture « à la française » est en danger. Et avec elle, celle de l’essor de la libre pensée, celle qui stimulée par les livres permet de cultiver son esprit critique, de s’extirper des modèles de pensés stéréotypés, de faire vivre son imaginaire, de développer son empathie, d’enrichir son vocabulaire et son niveau de français pour les plus jeunes, et tout simplement de se cultiver. Il serait dommageable pour tout le monde qu’une logique comptable prenne le pas sur la logique culturelle qui caractérise ce marché d’exception, nous privant ainsi de artistes, penseurs, philosophes et autres écrivains de demain.


Parce qu’un livre ne se résume pas à une ramette de papier, une concentration d’encre noire parsemant chaque page, mais que lire est synonyme de connaissance, de plaisir, d’émotions, de réflexion, de bien-être et d’évasion.



Quel monde voulons-nous pour demain ?


Celui du livre unique qui formatera les esprits de la même manière ? Celui où il n’y aura plus d’autre écho que celui du discours prédominant ? Celui où nous devrons nous priver de cultivateurs de curiosité, d’artisans de l’esprit critique et professionnels du verbe ?

Nous avons encore la possibilité de changer la donne.

Nous portons chacun cette responsabilité.

Alors, puisque la période de Noël est propice à celle des résolutions, mais aussi à celle des vœux, permettez-moi de partager le mien. Celui que tous, nous puissions trouver sous le sapin un livre et que ce petit geste, s’il ne sauve pas le monde, lui permette de continuer à tourner le plus longtemps possible avec la diversité qui en fait la richesse.


Offrons des livres, visitons les librairies, soyons acteurs de la préservation de cet univers culturel centenaire qui est aujourd’hui mis à mal.

Un livre = Un soutien

Enrick BARBILLON a fondé en 2007 Enrick B. Editions

Psychologue de formation, il a créé sa maison d’éditions pour mettre à la portée du plus grand nombre des savoirs parfois complexes et négligés en sciences humaines. Il a poursuivi sa démarche avec la publication d’ouvrages, principalement en droit en en psychologie, à destination des étudiants, des professionnels et du grand public et d’un magazine (Kezako Mundi) à destination des plus jeunes.



Quelques chiffres


  • 90 % des auteurs gagnent moins que le SMIC

44 % d’entre eux considérent que leur situation matérielle s’était dégradée ces dernières années (Etude 2018 de la Société Civile des Auteurs Multimédia et de la Société des Gens de Lettres).


  • Le marché du livre a chuté de 6%

« Le marché [a] chuté de 6 % en volume comme en chiffre d’affaires au cours des six premiers mois, du jamais vu » (Sébastien Rouault, directeur du panel Livres de l’institut d’études de marché GFK). Ce qui signifie que le nombre de ventes par titre est en baisse et, génère des problématiques de rentabilité.


  • Les pôles littérature générale, jeunesse et savoir (histoire, sciences humaines, dictionnaires et beaux arts) sont tous en recul, respectivement de - 3 %, - 7 % et – 7 %. (Même source)


  • 83 libraires ont fermé boutique entre 2011 et 2014 rien qu’à Paris,


Ajoutons à cela que :

  • 23 des 57 librairies du groupe Chapitre ont également fermé leurs portes faute de repreneur en 2014,

  • la fermeture de la librairie de Provence est prévue pour 2019,

  • tout comme celle de la librairie Honoré à Champigny en avril, de la librairie MCL à Angoulême en juillet, de la librairie l’œil écoute à Paris (6e) en janvier et de la librairie du Merle Moqueur au Centquatre.


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