Le biopétrole à base d’algues, vraie bonne idée ?


Deux constats : la pollution due à la combustion du pétrole est importante et les ressources en pétrole diminuent. Aussi les scientifiques sont-ils à la recherche de solutions alternatives au pétrole et plus durables.


Du carburant à base de végétaux, comme le colza, est déjà proposé, mais en 2017 cela ne représentait que 3,1 % de la consommation mondiale de carburant.


En 2011, une équipe de chercheurs français et espagnols avait annoncé avoir trouvé le moyen de produire du carburant à partir de microalgues. Ils ont appelé ce dernier Blue Petroleum. Celles-ci seraient cultivées en usine par photosynthèse (grâce à la lumière) et apport de CO2, puis filtrées et transformées en une pâte qui servirait de carburant. Cela permettrait également de retraiter nos rejets de CO2.


Le projet est né en Espagne en raison du fort ensoleillement qui procure une forte lumière permettant la photosynthèse. L’usine d’algues était en outre située à côté d’un cimentier afin de pouvoir retraiter les rejets de CO2 de ce dernier.


Solution miracle ?


Eh bien non, pas vraiment et ce pour plusieurs raisons :

  • le processus de transformation des microalgues en pétrole bleu est très gourmand en énergie ;

  • la production envisagée est très inférieure à la demande (par exemple la compagnie pétrolière ExxonMobil prévoyait la production 10 000 barils de pétrole à base de microalgues alors que la France, en comparaison, consomme 1,6 millions de barils de pétrole classique par jour) ;

  • le fondateur de l’usine a un passé trouble (impliqué dans une affaire de trafic d’armes dans les années 1990), l’usine qui a mené cette expérimentation a fermé ses portes en 2014 suite à l’ouverture d’une procédure pour fraude et les autres usines prévues n’ont jamais vu le jour.


« Les moyens technologiques destinés à produire de “l’algocarburant” sont de manière générale plutôt énergivores. C’est pourquoi on peut se demander si le biocarburant peut réellement être considéré comme le domaine de prédilection de l’exploitation des algues. » Jean-Philippe Steyer, chercheur à l’Institut national de la recherche agronomique (INRA), en 2016


Toutefois, si cette option ne semble pas la plus prometteuse, d’autres sont actuellement à l’étude ou en phase d'expérimentation. On produit par exemple du biogaz à partir de déchets biologiques (certains déchets agricoles, boues d’épuration…) par méthanisation (décomposition de ces déchets dans un milieu privé d’oxygène).

© maximmmmum/AdobeStock

Pour en savoir + sur les énergies renouvelables :

(re)lisez le dossier paru dans Kezako mundi 9, janvier-février 2017

© Enrick B. Editions 2017, Kezako mundi

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