L'aide publique au développement, kezako ?


Louis-Nicolas Jandeaux (le 3e sur la photo ci-contre) est chargé de plaidoyer spécialisé dans l'aide publique au développement (APD) chez Oxfam France, il nous explique aujourd'hui ce qu'est l'APD et en quoi consiste sa fonction.


Vous êtes chargé de plaidoyer en ce qui concerne l’aide publique au développement chez Oxfam France, en quoi consiste cette fonction, en quelques mots ?


Un chargé de plaidoyer dans des associations, des ONG internationales, s’occupe de faire des recherches pour montrer que telle ou telle thématique doit être priorisée, mieux mise en valeur par les gouvernements. En même temps, il y a un volet « influence ». Sur la base de ces recherches, nous allons voir les décideurs politiques, les élus, le gouvernement, les communes, les départements… pour leur présenter et les solliciter quant aux politiques à mener.


Pourriez-vous nous donner un exemple de proposition/argumentaire que vous avez pu transmettre aux décideurs ?


je travaille beaucoup sur la région du Sahel (Afrique de l’Ouest). Quand nous parlons du Sahel, nous parlons plus spécifiquement du Sénégal, du Burkina Faso, de la Mauritanie, du Mali et du Tchad. Je regarde quels sont les financements internationaux destinés à aider ces pays, voir dans quels pays, dans quelles régions, ils vont et quels sujets précis ils ciblent. Et nous, notre grande demande, ce sera de montrer que ces aides doivent être allouées plus spécifiquement aux questions de santé, d’éducation, qui sont les plus à même de réduire la pauvreté et les inégalités.


Pourriez-vous évoquer votre parcours en quelques mots ?


J’ai un bac scientifique. Par la suite, j’ai intégré une classe préparatoire aux grandes écoles littéraire et ensuite j’ai intégré l’école de Science politique. Une fois mon diplôme en poche, j’ai travaillé pendant un an et demi au sein de la commission des finances de l’Assemblée nationale. Puis, j’ai intégré ces thématiques de plaidoyer autour des questions de financement dans un premier temps auprès d’Action contre la faim, puis aujourd’hui Oxfam.


Quelles sont les grandes actions d’Oxfam en matière d’APD ?


D’abord, il est important de rappeler qu’Oxfam est une ONG internationale. Elle est divisée en plusieurs entités nationales (Oxfam France, Etats-Unis, Allemagne…). En même temps, Oxfam international chapote des actions sur le terrain dans des pays où les populations sont vulnérables du fait du changement climatique, n’ont pas accès à l’eau… Donc spécifiquement, sur l’aide au développement, on développe des actions de recherche, d’influence des décideurs, des personnalités politiques pour les inciter à consacrer une plus grande part de leur budget à l’aide au développement. Ensuite, dans les pays qui reçoivent les aides au développement, nous avons des collègues par exemple sénégalais ou burkinabè qui, avec des personnes de la société civile, vont former des associations locales pour veiller à ce que l’argent soit bien utilisé et ciblé sur des thématiques, des secteurs prioritaires, par exemple au Burkina Faso, s’assurer que le terreau et les semences achetés soient bien redistribués ensuite aux personnes qui en ont le plus besoin.

Autre exemple, toujours au Burkina Faso, pays d’Afrique de l’Ouest, qui est enclavé, il n’a pas d’accès à la mer : c’est un pays où il y a des crises sécuritaire, alimentaire, humanitaire… Ainsi, une immense partie de la population a été amenée à quitter son domicile, soit pour fuir l’insécurité, soit pour fuir un endroit où elle n’avait pas accès à la santé, à l’éducation… Par exemple, lorsqu’une femme est enceinte, le fait qu’il n’y ait pas de soins de santé à côté de son habitat, qu’il n’y ait pas de maternité, est un facteur déclencheur qui va inciter ces personnes à se déplacer. Plus de 2 millions de personnes ont quitté leur domicile pour résider dans d’autres villes du Burkina Faso. Ces personnes doivent ainsi être relogées, abritées. On doit s’assurer qu'elles ont un accès à l’eau parce que ces personnes habitent dans des communautés qui ont déjà un accès à l’eau limité. Oxfam va donc s’occuper de développer un système d’accès à l’eau, d’hygiène, de toilettes pour s’assurer que tous, les personnes qui habitent déjà sur place et les nouveaux arrivants, aient un accès à l’eau et à l’hygiène, ceci aussi pour éviter un conflit entre ces deux communautés.


A (re)lire également : la rubrique "C'est quoi ?" consacrée à l'aide publique au développement et parue dans Kezako mundi 61 (octobre 2022)


Légende photo : Kevin Bauknecht, Jérémie Dupuis, Louis-Nicolas Jandeaux, Guillaume Dugenet, participant en équipe au Trailwalker d'Oxfam, un défi sportif et humain consistant à marcher 100 km en moins de 30 heures, par équipe de 4, et sans relais. L'objectif, outre le challenge ? Sensibiliser l'opinion publique à la lutte contre les inégalités et la pauvreté. Le Trailwalker sert d'ailleurs à collecter des fonds pour financer les projets soutenus par Oxfam France.


Mentions :

Enrick B. Editions 2022, Kezako mundi

Oxfam France





Featured Posts
Recent Posts
Archive
Search By Tags
Follow Us
  • Facebook Basic Square
  • Twitter Basic Square
  • Google+ Basic Square