Rencontre avec... Vincent Mondiot


Les derniers des branleurs, de Vincent Mondiot, est en lice pour remporter le 3e prix Kezako de la littérature jeunesse. Son auteur a accepté de répondre aux quelques questions de Kezako sur son roman. C'est parti !


Pourquoi le terme « branleurs » dont sont qualifiés vos trois personnages principaux joue-t-il un tel rôle de révélateur ?


À mon sens, ce mot n’est que la dernière étape, pour eux, d’une longue prise de conscience qui commence avec les réactions de leurs parents, de leurs camarades de classe… Petit à petit, Chloé, Minh Tuan et Gaspard, les personnages principaux du roman, se rendent compte que tout le monde les méprise et pensent, peut-être à raison, que leur situation et leur décrochage scolaire sont de leur faute à eux.

Le terme de « branleurs », à leurs oreilles, pose plus de questions que si on les avait simplement qualifiés de « crétins ». C’est un terme qui leur fait comprendre, peut-être, qu’au fond, ils ont la possibilité de changer leur quotidien. Mais il faut d’abord, pour ça, qu’ils veuillent réellement le faire, ce dont ils ne sont pas tout à fait sûrs…


Vos quatre personnages principaux sont très différents les uns des autres, qu’est-ce qui les incite à former cette atypique petite bande ?


Leur différence, justement ! Le fait que tous les quatre, pour des raisons parfois opposées, se sentent en marge du reste des adolescents du lycée. Ils estiment ne pas avoir besoin de grand monde pour survivre à l’ennui de leur vie de banlieue pavillonnaire… Mais, « pas grand monde », ça ne signifie pas « personne », et inconsciemment, je crois qu’ils ont tous compris la nécessité de se faire un petit groupe, une bande de marginaux veillant les uns sur les autres. Personne d’autre qu’eux-mêmes ne semble les accepter tels qu’ils sont.


En marge figurent des sortes de définitions décalées de certains termes du roman, pourquoi avoir choisi d’insérer ces éléments dans le roman et pourquoi sous cette forme ?


J’avais envie de reproduire l’effet d’un cahier dans les marges duquel se trouveraient tout un tas de gribouillages et de notes sans rapport avec le cours. Et puis je trouvais, aussi, que c’était un moyen amusant et original de reproduire cette sensation, très présente à l’adolescence, de faire partie d’un univers clos sur lui-même. Quand on est au lycée, on passe tous les jours aux mêmes endroits, on voit les mêmes visages, on écoute les mêmes disques en boucle… On a parfois l’impression, à cet âge-là, de pouvoir faire la liste de ce qui compose notre vie. C’était un peu l’idée derrière ces notes !


Pourquoi avoir choisi ce ton assez direct et cru ?


Parce qu’il correspond, selon moi, à la façon dont nous nous exprimons tous au quotidien… Qui plus est à l’âge de mes personnages ! Je ne pense pas que la littérature ait le devoir de « parler mieux » que ses lecteurs. Je trouve plus important de tenter de retranscrire une certaine idée du réel. Je sais que ça divise, certains n’aiment pas trouver de la vulgarité dans les pages de leurs romans, et je l’accepte, mais au moins, j’ai été honnête : la couleur est annoncée dès le titre du mien !



Les derniers des branleurs, Vincent Mondiot, Actes Sud junior



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