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Zoom sur le roman... Passager de l'été


Samuel n’a qu’une chose en tête, une chose qui le fait tenir dans son boulot alimentaire de serveur : son départ imminent avec Adrien, son meilleur pote, avec lequel il s’apprête à faire un tour d’Europe. Mais en un instant, juste avec un vocal, Adrien pulvérise ce rêve et botte en touche sans même une excuse, sans même comprendre à quel point Samuel attendait de partager avec lui cette expérience forte et riche. Samuel se met alors à douter de tout : Serait-il si peu intéressant pour qu’Adrien se détourne aussi facilement d’un rêve qu’il pensait être le leur ? Leur amitié est-elle réelle ? Était-elle aussi importante qu’il l’avait cru ? Adrien est-il vraiment tel qu’il le voyait ou était-il aveuglé par l’envie de faire partie de son entourage proche ? Sur ces interrogations, totalement perdu, Samuel se rapproche de deux connaissances, Marie et Quentin, qu’ils trouvaient sympas, mais avec lesquels il n’a pas échangé depuis un bail. Au fil de leur conversation naît une idée folle : ok il a été déçu, plus que ça même, dévasté ; ok son projet d’origine n’aura pas lieu ; mais s’il partait malgré tout, seul. C’est ce qu’il affirme devant Marie et Quentin médusés par son audace. Ce qui est dit est dit, même s’il pense très vite que c’est dingue, il décide de partir seul, à tout juste 18 ans, sans préciser à ses parents qu’Adrien ne fait plus partie du voyage. C’est fou, mais au fond pourquoi pas et il sens profondément que c’est ce dont il a besoin : prendre le large, faire ses propres expériences, s’affirmer et ainsi mieux se connaître lui-même.

Qu’en dit kezako ?


Au-delà du voyage initiatique vécu par le jeune héros, ce sont les rencontres variées qui permettent à l’auteur de dépeindre de nombreuses problématiques et réalités animant les jeunes : assumer son identité, faire face à des drames (décès brutal, maladie) et se reconstruire, ressentir l’importance de nos racines (notamment avec Luka, Ukrainien, qui vit à Copenhague, mais ressent depuis le début de la guerre dans son pays un fort besoin de retrouver les siens, son pays et de faire quelque chose, de ne pas rester « planqué » à l’étranger, et ce en dépit du danger que représenterait un retour)… Le périple de Samuel est aussi porteur d’un message qui apparaît tout au long du roman : vivre, expérimenter, être dans l’instant présent et se détacher au moins temporairement des réseaux sociaux et de ce que les contenus qu’on peut y poster ont souvent de factice ou tape-à-l’œil.


Pour en savoir + :

Passager de l’été, Jean-Philippe Blondel, Actes Sud Jeunesse, dès 14 ans, 15,60 €, 176 pages

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