Rencontre avec... Marie Vareille

Découvrez le roman Le syndrome du spaghetti, en lice pour remporter le 3e prix Kezako de la littérature jeunesse, à travers le regard de son auteure Marie Vareille.



Pouvez-vous nous expliquer pourquoi ce titre si intrigant ?


Je pense que le mieux est de citer cet extrait du livre :


"Notre existence aurait pu être tranquille, droite et linéaire comme un spaghetti cru, mais la vie fait des destins tout tracés ce que la cuisson fait aux spaghettis : elle les emmêle, parfois elle les rompt sans prévenir et parfois elle entrelace des destinées qui n’auraient jamais dû se croiser. Être plongé dans l’eau bouillante, on ne va pas se mentir, ça peut faire très mal, mais en regardant bien, au milieu du chaos, on peut vivre de belles surprises, comme le fait de tomber amoureuse d’un garçon qu’on n’aurait jamais dû connaître, comprendre qu’on peut adorer sa petite sœur, même sans aucun goût en commun ou qu’on peut réapprendre à être une famille en traversant main dans la main la pire des épreuves."


Pourquoi avez-vous souhaité écrire sur le syndrome de Marfan ?


Parce que je suis moi-même atteinte du syndrome de Marfan, ainsi qu’une grande partie de ma famille, donc des gens que j’aime. Ce syndrome est trop méconnu en France, et cette méconnaissance est dangereuse : des personnes atteintes qui pourraient et devraient être soignées ne le sont pas, car elles ne sont pas diagnostiquées assez tôt. C’est la raison pour laquelle, il me tenait à cœur d’écrire sur ce sujet.


Qu’a la relation entre Léa et Anthony à enseigner au lecteur ?


Tout le monde ne grandit pas avec le même champ des possibles. Pour moi, c’est la véritable opposition entre Léa à Anthony, encore plus que leur différence de milieu social. Il y a des jeunes, comme Léa, à qui on a appris qu’ils peuvent tout faire, réaliser leurs rêves les plus ambitieux, qui bénéficient du soutien de leurs proches dans leurs projets, et d’autres, comme Anthony, auxquels la vie s’est chargée d’apprendre très tôt que rien n’est possible et que toute tentative se solde par des échecs.

J’espère que les lecteurs retireront de cette histoire que, même si tous les rêves ne sont pas toujours réalisables, et que la vie est faite d’imprévus, il faut continuer à rêver, se battre pour réaliser ses rêves et quand on peut, aider les autres à réaliser les leurs.


Qu’est-ce que leur relation vous a appris à vous ?


Écrire est par essence un travail très solitaire. On ne travaille jamais en équipe quand on écrit un roman. Léa et Anthony deviennent une équipe, ils partagent leurs succès, leurs ambitions, leurs compétences complémentaires pour atteindre à deux un rêve qu’ils n’auraient pas pu réaliser seuls. Je n’ai personnellement jamais pratiqué de sport d’équipe et j'ai très peu travaillé en équipe dans ma vie professionnelle. En écrivant, et donc en vivant, les aventures de Léa et d’Anthony, j’ai appris le pouvoir de l’esprit d’équipe et l’extraordinaire valeur du succès collectif.


Mention légale : Photo de Patrick Bernard



Le syndrome du spaghetti, Marie Vareille, éditions Pocket Jeunesse

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