top of page

Zoom sur... Trois fois rien


Sacha évolue, louvoie dans son collège. Il parvient à faire illusion et à masquer la galère dans laquelle sa mère et lui sont plongés depuis que celle-ci a perdu son emploi. La honte l’envahit. Impossible que ses potes du collège (mais le sont-ils vraiment) aillent chez lui et se rendent compte de ses conditions de vie, eux qui parlent sans arrêt baskets dernier cri et vacances au ski. Dans ce quotidien de plus en plus lugubre, il tient toutefois, porté par sa mère qui multiplie les petits contrats, gère un budget de plus en plus serré, essaie de lui cacher l’étendue des dégâts. Pour surmonter la galère, l’huissier, les impayés… Sacha se réfugie dans le dessin. Il sublime, enjolive, comme pour masquer la grisaille, mais la vérité, il la cache. Pourtant, il le découvrira, cette vérité ne change pas qui il est. Petit à petit, au fil des rencontres et de ses nouvelles aspirations, il se construit, s’affirme. Parviendra-t-il à surmonter la honte qu’il ressent depuis toutes ces années ?


Qu’en dit Kezako ?


L’auteur a choisi de parler du personnage principal, Sacha, à la deuxième personne du singulier, comme si le narrateur assistait à la descente aux enfers de Sacha et de sa mère, puis à son combat pour se construire et tracer son propre chemin ou comme si Sacha lui-même regardait sa propre situation d'un ailleurs, depuis la bulle qu'il s'est lui-même créé. Cette sorte de distance place le lecteur comme aux côtés de Sacha, comme s’il l’accompagnait dans son quotidien et sa progression. Bien sûr, avec cette histoire, l’auteur plante le décor : perte d’emploi, de logement, dégringolade financière et sociale ; et la honte qui ne lâche pas Sacha, surtout au bahut. Cacher à tout prix parce que la collège peut être un moment lors duquel on fait de belles rencontres, mais aussi un lieu d’apparence, cruel pour tous ceux qui n’entrent pas dans les cases (trop pauvres, trop gros, avec un style décalé…). La relation mère-fils, forte, cette solidarité entre eux, cette complicité malgré la galère est aussi très bien mise en valeur et vient pulvériser l’image de cette mère ayant eu son enfant très jeune, loin de cette image d’ado ou jeune adulte incapable de s’occuper de son enfant, irresponsable… Là, c’est tout le contraire, Nelly enchaîne les galères et pourtant, elle se bouge, elle est là, toujours.


Pour en savoir + :

Trois fois rien (ça fait toujours rien), Julien Dufresne-Lamy, éditions Actes Sud jeunesse, dès 14 ans, 16 €, 224 pages

Comments


Featured Posts
Recent Posts
Archive
Search By Tags
Follow Us
  • Facebook Basic Square
  • Twitter Basic Square
  • Google+ Basic Square
bottom of page